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GROUPE DE REFLEXION ENTRE ACTEURS
CADRE DIRECTEUR INDICATIF POUR REBÂTIR LE MILIEU RURAL

lundi 5 avril 2010

RESUME

1. OBJECTIF DE CET ESPACE

Constatant qu’après le 12 janvier 2010, la paysannerie est davantage éclipsée de l’attention des dirigeants du pays tant en ce qui concerne les dégâts occasionnés par le séisme qu’en ce qui a trait aux interventions d’urgence et aux actions mises en place pour l’élaboration d’un plan de reconstruction, les acteurs du monde rural ont compris la nécessité de se réunir dans l’objectif :

 à court terme, de concocter un plan directeur indicatif qui reflète les besoins et les aspirations de la paysannerie haïtienne qu’il convient de faire intégrer dans le plan de reconstruction du pays.

 À moyen et long terme, de transformer et structurer cet espace en une grande plateforme de plaidoyer et de lobbying capable de faire entendre la voie de la paysannerie et du milieu rural dans tous les espaces décisionnels et de défendre leurs intérêts en vue d’une réelle amélioration des conditions de vie.

2. DES ENJEUX FORTS Cet espace est porteur de grands enjeux dans le contexte actuel de prise de conscience d’un besoin de vivre autrement et de prise de décision quant à la refondation ou la reconstruction du pays, qu’il convient de clarifier :

 C’est un espace d’échange et d’apprentissage collectif, qui permettra de faire un éclairage nouveau et en profondeur des problèmes et des obstacles communs d’ordre structurel et institutionnel qui entravent le progrès du milieu rural et bloquent l’amélioration des conditions de vie du paysan

 C’est un espace de construction collective d’une nouvelle vision de l’homme paysan et de son milieu, d’un nouveau leadership paysan qui facilitera le dialogue, l’écoute et la prise en compte de ses droits fondamentaux, des services dont il a besoin en tant que citoyen et des facilités qui lui garantiront une qualité de vie,

 C’est un espace qui permettra au paysan et au milieu rural de changer la nature de ses rapports avec l’État et avec la Société globale ;

 C’est un espace qui servira d’instrument pour canaliser de manière organisée et efficace les revendications progressistes du milieu rural, et pour influencer les politiques, le contenu, l’approche de développement

Face à de tels enjeux, prendre le temps de travailler ensemble est une nécessité pratique.

3. NOTION FORTE

Le nouveau système proposé est le développement local par section communale qui est une approche de gouvernance de proximité. Cette approche part de l’idée maîtresse ou de l’hypothèse selon laquelle « le développement est avant tout une chaîne et un schème de valeurs par lesquels les hommes et leurs structures deviennent le moteur différentiel de progrès entre les territoires ».

Elle est guidée par la vision du milieu rural comme espace de vie attrayant et sécuritaire, permettant à ses habitants d’accomplir leurs rêves et aspirations axés sur les droits humains, la justice sociale et l’équité, sur la jouissance des facilités du monde moderne dans l’observance des valeurs morales, éthiques et civiques, ainsi que dans le respect des équilibres naturels et la protection de l’environnement.

Cette nouvelle vision s’appuie à son tour sur un élément organique qu’est le « vivre ensemble » qui prend ici une triple connotation :

 il est foncièrement contre la dichotomie qui traverse la réalité haïtienne et qui maintient à travers la logique du système le monde rural et la paysannerie en-dehors ;

 il est par essence contre la dispersion qui caractérise le mode d’occupation de l’espace rural et qui limite sérieusement l’accès aux services collectifs et donc qui représente un obstacle majeur à l’amélioration des conditions de vie ;

 il est par contre communication et interaction dans la mise en commun des énergies, c’est-à-dire dans une quête de synergie des forces sociales organisées pour prendre en charge le destin de leur territoire.

Pour cela, les deux aspects moteurs deviennent le modèle organisationnel et le modèle d’aménagement du territoire. Consultez le document en annexe pour de plus amples détails.

4. ÉTAT D’AVANCEMENT

Quatre (4) rencontres ont eu lieu, les 25 février 2010, 4 mars 2010, 16 mars 2010 et 24 mars 2010, au bureau de l’INCAH, avec l’appui logistique du CNSA. Ces quatre (4) premières rencontres ont permis de :

 échanger sur les dégâts occasionnés par le séisme du 12 janvier 2010 en milieu rural et son impact sur les conditions de vie des paysans ;

 valider le cadre de référence pour cette activité de réflexion

 élaborer et de signer une déclaration à faire en outre signer par d’autres organisations paysannes intéressées avant de la rendre publique

 identifier les grands secteurs prioritaires et de faire une discussion préliminaire qu’il convient d’approfondir à la prochaine rencontre

 se mettre d’accord sur le résultat à très court terme qui est de sortir un plan directeur indicatif à communiquer au Gouvernement pour qu’il en tienne compte dans le plan de reconstruction

 Communiquer au Gouvernement la Déclaration signée pour qu’il en tienne compte lors de la conférence des bailleurs prévue pour le 31 mars 2010, à New York.

 décider de réaliser un grand atelier de 2 jours avec 100 participants

 décider de réaliser le 1er mai 2010 une cérémonie en mémoire des paysans morts lors du séisme du 12 janvier 2010

Finaliser un cadre directeur indicatif à soumettre au Gouvernement

5. POSITION ET RECOMMANDATIONS

 Intégrer activement et de manière valorisante le monde rural dans les discussions et prises de décision

 Sortir le développement du milieu rural du cercle vicieux du saupoudrage, de la charité et du misérabilisme, qui maintient le paysan dans l’attentisme et la dépendance la plus notoire. Il faut préférablement enraciner le développement rural dans le cercle vertueux de création de richesses basé sur une « logique d’entreprise » et l’investissement massif à long terme

 donner priorité à ces cinq (5) domaines : agriculture, éducation, santé/eau/assainissement, artisanat et tourisme.

 Dans l’impérative de la décentralisation et de la déconcentration, adopter une stratégie de développement locale par section communale en accentuant la constitution de village (agglomération), la proximité des services publics, les infrastructures de base (route, école, hôpital, installation de loisirs et de sports, centre culturel, électricité, logement) pour satisfaire les besoins humains essentiels.

 Investir au moins 35 % du budget de reconstruction et de l’État en milieu rural pour ses besoins spécifiques et prioritaires. Cette réclamation se justifie non seulement par le fait que le séisme du 12 janvier 2010 a fait aussi en milieu rural d’importants dégâts matériels et des morts (dont on ne parle pas), ainsi que des conséquences indirectes d’ordre matériel et immatériel, mais aussi et surtout quand on sait :  d’une part, que près de 50 % des actifs occupés (49,6 %) dont 93,3 % en milieu rural se concentrent dans la branche « Agriculture, sylviculture, élevage, chasse et pêche », que l’agriculture représente le plus grand bassin d’emploi du pays et 32 % du PIB, que la grande différence entre pays développés et pays sous-développés est que les premiers protègent leurs agriculteurs, tandis que les seconds les sacrifient à d’autres secteurs de l’économie ;

 d’autre part, que la paysannerie représente près de 60 % de la population haïtienne et qu’elle renferme le plus grand nombre de pauvres, soit 82 % de sa population vivant avec moins de US$ 2.00 par jour

 en outre, que le milieu rural et en particulier les montagnes concentrent des ressources environnementales importantes aujourd’hui menacées

 enfin, qu’un investissement massif à long terme peut avoir un rendement capable d’y dynamiser la croissance économique et d’assurer la sécurité alimentaire.

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POUR CONTACT DE GRAMH

Abner Septembre,

(509) 3420-2091 / 3432-6443 / absept60@yahoo.fr

Adresse postale : bureau de FONHDILAC sis au 6, Val des Lauriers, Duval 24, Croix-des-Bouquets, HAITI

Abner Septembre [APV]


GROUPE DE REFLEXION ENTRE ACTEURS DU MONDE RURAL

FANM DEVWE VALI / FEMMES DEVOUEES DE VALLUE (FDV)

PARTENARIAT AVEC L’ASSOCIATION DES PAYSANS DE VALLUE (APV)

Rapport préliminaire sur le séisme du 12 janvier 2010, à Vallue

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