RAPPORT ATELIER No 3
Le 16 mars 2010, le Groupe de réflexion entre acteurs du milieu rural a tenu son 3e atelier de travail, toujours au local de l’INCAH avec l’appui du CNSA.
L’objet de cette 3e rencontre était double :
Discuter de la proposition suivante, en vue de prendre la décision de l’accepter ou non, faite par l’Association des Paysans de Vallue (APV) : « constatant que pendant les deux mois après le séisme de nombreux espaces organisés de la vie nationale, dont l’exécutif et des ministères sectoriels, l’université, le secteur du patronat, les femmes, la justice, le parlement, et d’autres secteurs, ont réalisé une cérémonie en hommage à leurs membres tombés en la circonstance, et que jusqu’ici rien n’est fait pour les paysans qui sont morts, l’Association des Paysans de Vallue (APV) propose aux organisations paysannes et aux acteurs du monde rural de réaliser à Vallue une cérémonie en mémoire des paysans qui sont morts ; la date et l’organisation de l’activité étant à définir au cas où l’idée est acceptée ».
Identifier par secteur les grands constats justifiant les changements escomptés en utilisant la démarche de SWOT ANALYSIS de James P. Lewis (Force, Faiblesse, Opportunité, Menace) + clarifier les changements par une vision sectorielle nouvelle et réaliste qui oriente l’action et l’approche + identifier des actions innovatrices et profondes à entreprendre + suggestion de politique et stratégie qui permettront de réaliser ces changements. Dans ce cas, l’approche de travail privilégiée est la constitution d’atelier sectoriel et discussion en plénière.
Annoncée pour 9 :00 heures AM, la rencontre n’a pu pratiquement démarrer qu’à 11 :00 heures, avec la participation de 11 personnes :
Raphaël Yves Pierre, consultant indépendant
Benoit Batichon, Radio Communautaire Klofa Pyè
Dieumène Raymond, Groupe Femmes Dévouées de Vallue
Orisme Sonia, Association des Femmes Paysannes de Beaugar
Hugues Danger, AESPA d’Aquin
Macdonald Michel, Action Aid
Ennery Belley, Parole et Action
Frito Merisier, Plateforme Café
Marielle E. Moïse, Professeur et Consultante à l’INAGHEI
Jude Jean, AJEPTIMAS de Thiotte
Abner Septembre, Consultant et promoteur de l’initiative
Ce groupe de départ était rejoint par Carlot Baptichon (Professeur au CUML), Tony Cantave (Grieal) qui n’est pas resté, et 4 étudiants de l’INAGHEI. On s’attendait au moins à une trentaine de personnes de différents coins du pays, d’organisations paysannes et d’institutions travaillant en milieu rural.
1. DISCUSSION
Le premier point relatif à la proposition de l’APV (Vallue) a été favorablement accueilli, mais en même temps a donné lieu à une vive discussion sur « qui est paysan ? ou qu’est-ce qu’un paysan ? », suite à l’identification de qui peut-on considérer : i) les paysans morts directement chez lui ou dans leur jardin, ii) les paysans en déplacement en ville ou à Port-au-Prince pour faire ponctuellement une activité et qui sont morts ce jour du 12 janvier 2010 dans le séisme, iii) les paysans et fils de paysans qui se sont déplacés pour résider en ville à des fins diverses et qui sont morts aussi ce jour là ?
Plusieurs explications ont été faites, mais approximatives laissant les participants sur leur soif. Mais ce point n’étant pas le sujet du jour, ces derniers reconnaissent la nécessité de revenir sur la question.
La discussion s’est poursuivie autour de l’organisation ou du contenu qu’on pourrait donner à la cérémonie. Plusieurs idées ont été émises, dont en particulier :
Messe et exposition d’un mort dans un cercueil
Marche d’un point à un autre, sur une courte distance
Édification d’un mémorial (mur avec le nom des victimes)
Registre des victimes (morts)
Présentation des travaux du groupe et recherche d’appui
La date du 1er mai pour réaliser cette activité
Après avoir discuté de ces idées, on est parvenu à admettre le caractère laïc que doit prendre ou avoir cette cérémonie. Il est aussi admis que l’importance de celle-ci ne se joue pas dans la présence d’un cercueil et encore moins de celle d’un mort, mais plutôt dans la valeur symbolique, la participation et l’originalité de l’activité. Ainsi, de cette collecte d’idées et de la discussion qui s’en est suivie, nous avons pu identifier et nous mettre d’accord sur deux grands aspects que pourra prendre la cérémonie :
Un aspect symbolique. Ce qui est symbolique est la date, le mémorial qui resterait un lieu de mémoire, de recueillement et de pèlerinage, le registre, la participation de nombreux paysans de différents coins du pays, l’espace qui sera retenu, les témoignages et le message qui sera délivré ;
Un aspect de communication : sensibilisation sur les grands enjeux, vulgarisation du plan directeur et appui pour pouvoir ouvrir le travail à une plus grande participation, concevoir les programmes et se battre ensemble pour que les priorités identifiées soient appliquées.
Par ailleurs, concernant le choix du lieu d’accueil de cette cérémonie (bien que Vallue initiatrice de l’idée se propose en même temps comme lieu d’accueil), on s’est entendu sur certains critères qui pourraient au besoin être complétés. Il s’agit entre autres de :
Le lieu doit être accessible et doit disposer d’espace de grande capacité d’accueil (le nombre de participants n’étant pas défini)
Le lieu doit faire partie de la zone directement frappée par le tremblement
Le lieu doit être en milieu rural
Le lieu doit compter des paysans qui sont morts ce jour là
Le lieu doit être un espace organisationnel chapeauté par une organisation paysanne ayant l’expérience de gestion de grande activité
A la fin, on est arrivé à ces deux décisions de :
Mettre en place un comité qui travaille un projet de préparation et de réalisation de cette activité
Faire la promotion de l’activité auprès des organisations paysannes, de la presse et d’autres structures concernées publiques et privées pour obtenir leur appui, et aussi la mobilisation de partenaires financiers pour avoir les moyens nécessaires
Le second point portait sur l’atelier sectoriel à réaliser. Dès le départ, après avoir distribué les outils de travail (SWOT Analysis et fiche de matrice sectorielle), les participants posaient le problème à la fois de compétence dans des secteurs spécifiques et surtout le manque de participants pour faire des ateliers. Ils soulignaient aussi la nécessité de faire un inventaire documentaire par secteur. Ce qui était prévu dans le cadre de référence. Toutefois, l’accent a été aussi mis sur la nécessité pour les acteurs paysans de dire leurs mots parallèlement aux contenus des experts. Bref, il faut faire les deux.
2. DÉCISIONS PRISES
Ayant fait le constat de l’impossibilité d’avoir des ateliers de travail et, par conséquent, de respecter l’échéance du 23 mars 2010 pour sortir le document de plan directeur, les propositions suivantes ont été faites :
Faire signer la déclaration par plusieurs acteurs organisationnels du milieu rural qui acceptent, puis la communiquer au Gouvernement et à la Presse
Mobiliser les institutions d’encadrement non seulement pour avoir leur support technique pour encadrer la réflexion lors des ateliers, mais aussi pour mobiliser la participation des organisations paysannes
Disséminer les documents techniques pour que les organisations commencent à discuter des grands points retenus
Faire ressortir les enjeux et sensibiliser les acteurs du monde rural sur l’importance de ce travail
Constituer un comité de recherche documentaire sur ce qui est déjà fait par secteur
Création de ces 3 commissions :
1. Commission pour le dossier de cérémonie
2. Commission pour la préparation de l’atelier
3. Commission de recherche documentaire
Pour contact :
Abner Septembre
(509) 3420-2091 / 3432-6443
absept60@yahoo.fr