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GROUPE DE REFLEXION ENTRE ACTEURS DU MONDE RURAL

jeudi 18 mars 2010

1. RAPPEL DE L’OBJECTIF DE CET ESPACE

Constatant qu’après le 12 janvier 2010, la paysannerie est davantage éclipsée de l’attention des dirigeants du pays tant en ce qui concerne les dégâts occasionnés par le séisme qu’en ce qui a trait aux interventions d’urgence et aux actions mises en place pour l’élaboration d’un plan de reconstruction, les acteurs du monde paysan ont compris la nécessité de se réunir dans l’objectif :

 à court terme, de concocter un plan directeur indicatif qui reflète les besoins et les aspirations de la paysannerie haïtienne qu’il convient de faire intégrer dans le plan de reconstruction du pays.

 À moyen et long terme, de transformer et structurer cet espace en une grande plateforme de plaidoyer et de lobbying capable de faire entendre la voie de la paysannerie dans tous les espaces décisionnels et de défendre ses intérêts en vue d’une réelle amélioration des conditions de vie en milieu rural.

2. DES ENJEUX FORTS

Cet espace est porteur de grands enjeux dans le contexte actuel de prise de conscience d’un besoin de vivre autrement et de prise de décision quant à la refondation ou la reconstruction du pays, qu’il convient de clarifier :

 C’est un espace d’échange et d’apprentissage collectif, qui permettra de faire un éclairage nouveau et en profondeur des problèmes et des obstacles communs d’ordre structurel et institutionnel qui entravent le progrès du milieu rural et bloquent l’amélioration des conditions de vie du paysan

 C’est un espace de construction collective d’une nouvelle vision de l’homme paysan et de son milieu, d’un nouveau leadership paysan qui facilitera le dialogue, l’écoute et la prise en compte de ses droits fondamentaux, des services dont il a besoin en tant que citoyen et des facilités qui lui garantiront une qualité de vie,

 C’est un espace qui permettra au paysan et au milieu rural de changer la nature de ses rapports avec l’État et avec la Société globale ;

 C’est un espace qui servira d’instrument pour canaliser de manière organisée et efficace les revendications progressistes du milieu rural, et pour influencer les politiques, le contenu et l’approche de développement

Face à de tels enjeux, prendre le temps de travailler ensemble est une nécessité pratique.

3. ÉTAT D’AVANCEMENT

Deux rencontres ont eu lieu, les 25 février 2010 et 4 mars 2010, au bureau de l’INCAH avec l’appui logistique du CNSA. Ces deux premières rencontres ont permis :

 d’échanger sur les dégâts occasionnés par le séisme du 12 janvier 2010 en milieu rural et son impact sur les conditions de vie des paysans ;

 de valider le cadre de référence pour cette activité de réflexion

 d’élaborer et de signer une déclaration à faire en outre signer par d’autres organisations paysannes intéressées avant de la rendre publique

 d’identifier les grands secteurs prioritaires et de faire une discussion préliminaire qu’il convient d’approfondir à la prochaine rencontre

 de se mettre d’accord sur le résultat à très court terme qui est de sortir d’ici le 23 mars 2010 un plan directeur indicatif à communiquer au Gouvernement pour qu’il en tienne compte dans le plan de reconstruction qu’il aura à présenter lors de la conférence des bailleurs prévue pour le 31 mars 2010, à New York.

RAPPORT ATELIER No 3

Le 16 mars 2010, le Groupe de réflexion entre acteurs du milieu rural a tenu son 3e atelier de travail, toujours au local de l’INCAH avec l’appui du CNSA.

L’objet de cette 3e rencontre était double :

 Discuter de la proposition suivante, en vue de prendre la décision de l’accepter ou non, faite par l’Association des Paysans de Vallue (APV) : « constatant que pendant les deux mois après le séisme de nombreux espaces organisés de la vie nationale, dont l’exécutif et des ministères sectoriels, l’université, le secteur du patronat, les femmes, la justice, le parlement, et d’autres secteurs, ont réalisé une cérémonie en hommage à leurs membres tombés en la circonstance, et que jusqu’ici rien n’est fait pour les paysans qui sont morts, l’Association des Paysans de Vallue (APV) propose aux organisations paysannes et aux acteurs du monde rural de réaliser à Vallue une cérémonie en mémoire des paysans qui sont morts ; la date et l’organisation de l’activité étant à définir au cas où l’idée est acceptée ».

 Identifier par secteur les grands constats justifiant les changements escomptés en utilisant la démarche de SWOT ANALYSIS de James P. Lewis (Force, Faiblesse, Opportunité, Menace) + clarifier les changements par une vision sectorielle nouvelle et réaliste qui oriente l’action et l’approche + identifier des actions innovatrices et profondes à entreprendre + suggestion de politique et stratégie qui permettront de réaliser ces changements. Dans ce cas, l’approche de travail privilégiée est la constitution d’atelier sectoriel et discussion en plénière.

Annoncée pour 9 :00 heures AM, la rencontre n’a pu pratiquement démarrer qu’à 11 :00 heures, avec la participation de 11 personnes :

 Raphaël Yves Pierre, consultant indépendant

 Benoit Batichon, Radio Communautaire Klofa Pyè

 Dieumène Raymond, Groupe Femmes Dévouées de Vallue

 Orisme Sonia, Association des Femmes Paysannes de Beaugar

 Hugues Danger, AESPA d’Aquin

 Macdonald Michel, Action Aid

 Ennery Belley, Parole et Action

 Frito Merisier, Plateforme Café

 Marielle E. Moïse, Professeur et Consultante à l’INAGHEI

 Jude Jean, AJEPTIMAS de Thiotte

 Abner Septembre, Consultant et promoteur de l’initiative

Ce groupe de départ était rejoint par Carlot Baptichon (Professeur au CUML), Tony Cantave (Grieal) qui n’est pas resté, et 4 étudiants de l’INAGHEI. On s’attendait au moins à une trentaine de personnes de différents coins du pays, d’organisations paysannes et d’institutions travaillant en milieu rural.

1. DISCUSSION

Le premier point relatif à la proposition de l’APV (Vallue) a été favorablement accueilli, mais en même temps a donné lieu à une vive discussion sur « qui est paysan ? ou qu’est-ce qu’un paysan ? », suite à l’identification de qui peut-on considérer : i) les paysans morts directement chez lui ou dans leur jardin, ii) les paysans en déplacement en ville ou à Port-au-Prince pour faire ponctuellement une activité et qui sont morts ce jour du 12 janvier 2010 dans le séisme, iii) les paysans et fils de paysans qui se sont déplacés pour résider en ville à des fins diverses et qui sont morts aussi ce jour là ?

Plusieurs explications ont été faites, mais approximatives laissant les participants sur leur soif. Mais ce point n’étant pas le sujet du jour, ces derniers reconnaissent la nécessité de revenir sur la question.

La discussion s’est poursuivie autour de l’organisation ou du contenu qu’on pourrait donner à la cérémonie. Plusieurs idées ont été émises, dont en particulier :

 Messe et exposition d’un mort dans un cercueil

 Marche d’un point à un autre, sur une courte distance

 Édification d’un mémorial (mur avec le nom des victimes)

 Registre des victimes (morts)

 Présentation des travaux du groupe et recherche d’appui

 La date du 1er mai pour réaliser cette activité

Après avoir discuté de ces idées, on est parvenu à admettre le caractère laïc que doit prendre ou avoir cette cérémonie. Il est aussi admis que l’importance de celle-ci ne se joue pas dans la présence d’un cercueil et encore moins de celle d’un mort, mais plutôt dans la valeur symbolique, la participation et l’originalité de l’activité. Ainsi, de cette collecte d’idées et de la discussion qui s’en est suivie, nous avons pu identifier et nous mettre d’accord sur deux grands aspects que pourra prendre la cérémonie :

 Un aspect symbolique. Ce qui est symbolique est la date, le mémorial qui resterait un lieu de mémoire, de recueillement et de pèlerinage, le registre, la participation de nombreux paysans de différents coins du pays, l’espace qui sera retenu, les témoignages et le message qui sera délivré ;

 Un aspect de communication : sensibilisation sur les grands enjeux, vulgarisation du plan directeur et appui pour pouvoir ouvrir le travail à une plus grande participation, concevoir les programmes et se battre ensemble pour que les priorités identifiées soient appliquées.

Par ailleurs, concernant le choix du lieu d’accueil de cette cérémonie (bien que Vallue initiatrice de l’idée se propose en même temps comme lieu d’accueil), on s’est entendu sur certains critères qui pourraient au besoin être complétés. Il s’agit entre autres de :

 Le lieu doit être accessible et doit disposer d’espace de grande capacité d’accueil (le nombre de participants n’étant pas défini)

 Le lieu doit faire partie de la zone directement frappée par le tremblement

 Le lieu doit être en milieu rural

 Le lieu doit compter des paysans qui sont morts ce jour là

 Le lieu doit être un espace organisationnel chapeauté par une organisation paysanne ayant l’expérience de gestion de grande activité

A la fin, on est arrivé à ces deux décisions de :

 Mettre en place un comité qui travaille un projet de préparation et de réalisation de cette activité

 Faire la promotion de l’activité auprès des organisations paysannes, de la presse et d’autres structures concernées publiques et privées pour obtenir leur appui, et aussi la mobilisation de partenaires financiers pour avoir les moyens nécessaires

Le second point portait sur l’atelier sectoriel à réaliser. Dès le départ, après avoir distribué les outils de travail (SWOT Analysis et fiche de matrice sectorielle), les participants posaient le problème à la fois de compétence dans des secteurs spécifiques et surtout le manque de participants pour faire des ateliers. Ils soulignaient aussi la nécessité de faire un inventaire documentaire par secteur. Ce qui était prévu dans le cadre de référence. Toutefois, l’accent a été aussi mis sur la nécessité pour les acteurs paysans de dire leurs mots parallèlement aux contenus des experts. Bref, il faut faire les deux.

2. DÉCISIONS PRISES

Ayant fait le constat de l’impossibilité d’avoir des ateliers de travail et, par conséquent, de respecter l’échéance du 23 mars 2010 pour sortir le document de plan directeur, les propositions suivantes ont été faites :

 Faire signer la déclaration par plusieurs acteurs organisationnels du milieu rural qui acceptent, puis la communiquer au Gouvernement et à la Presse

 Mobiliser les institutions d’encadrement non seulement pour avoir leur support technique pour encadrer la réflexion lors des ateliers, mais aussi pour mobiliser la participation des organisations paysannes

 Disséminer les documents techniques pour que les organisations commencent à discuter des grands points retenus

 Faire ressortir les enjeux et sensibiliser les acteurs du monde rural sur l’importance de ce travail

 Constituer un comité de recherche documentaire sur ce qui est déjà fait par secteur

 Création de ces 3 commissions :

1. Commission pour le dossier de cérémonie

2. Commission pour la préparation de l’atelier

3. Commission de recherche documentaire

Pour contact :

Abner Septembre

(509) 3420-2091 / 3432-6443

absept60@yahoo.fr

Abner Septembre [APV] Apv []


GROUPE DE REFLEXION ENTRE ACTEURS DU MONDE RURAL

FANM DEVWE VALI / FEMMES DEVOUEES DE VALLUE (FDV)

PARTENARIAT AVEC L’ASSOCIATION DES PAYSANS DE VALLUE (APV)

Rapport préliminaire sur le séisme du 12 janvier 2010, à Vallue

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20, Delmas 65, Delmas, Haiti
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