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TREMBLEMENT DE TERRE EN HAITI
Rapport préliminaire sur le séisme du 12 janvier 2010, à Vallue

samedi 23 janvier 2010

Le mardi 12 janvier 2010, vers les 4:50 PM, un tremblement de terre de magnitude 7.3 sur l’échelle de Richter a frappé Haïti, notamment la région métropolitaine de Port-au-Prince, Gressier, Léogane, Jacmel, Grand-Goâve et Petit-Goâve. D’après les chiffres officiels provisoires, le séisme a fait : 112 405 morts, 196 595 blessés, 1.2 million de sans abris, la moitié des maisons détruites à Port-au-Prince, Jacmel et Léogane ; au moins 23 centres hospitaliers privés effondrés [Rapport du 30 janvier 2010 de l’Etat haïtien].

Cependant, l’attention est surtout focalisée sur les villes. On entend presque pas parler du milieu rural faisant partie des communes susmentionnées, comme si les mornes n’étaient pas habités ou n’étaient pas frappés. Des communautés rurales montagneuses comme Vallue (Petit-Goâve), Fondwa et Palmiste-à-Vin (sur la route de Jacmel), Besace de Petit-Goâve, Taifer de Carrefour, pour ne citer que celles-ci, sont aussi sévèrement touchées avec des dégâts dans les maisons des familles et les infrastructures communautaires, comme : université, église, marché, école, installations d’eau, etc.

A Vallue, les premières données collectées indiquent que sur 882 familles consultées, 716 (soit 81.18%) ont eu leurs maisons sévèrement endommagées, 114 (soit 12.93 %) totalement détruites et seulement 52 (soit 5.90 %) restent intactes. Elles rapportent 26 cas de morts, 42 cas de blessés et 2 cas de disparus. Elles soulignent en outre des pertes de 57 têtes de bétail, notamment des boeufs victimes de roches et d’éboulement. Le cas de Tiresias Lisias est l’exemple parfait qui illustre les conséquences désastreuses du séisme sur la vie du paysan. Il est le patriarche d’une famille de 8 personnes avec 2 petits enfants en bas âge. Brusquement, cette famille vit en plein air avec ce

Sur le plan institutionnel, il y a l’Ecole Communautaire Gérard Baptiste de Vallue (ECGBV) qui est sévèrement endommagée, les bâtiments administratifs et de travail de l’APV qui sont fissurés, toutes les citernes (soit 7) de capacité de 35,000 à 75,000 gallons sont endommagées, un des bâtiments de l’atelier de transformation agro-alimentaire (TOPLA) et un des bâtiments de l’Hôtel Villa Ban-Yen sont aussi sévèrement endommagés et ne pourront plus être utilisés, le marché communautaire de Vallue est endommagé et fissuré, ainsi que l’amphithéâtre Jacques Roumain de Vallue ; les bandes bétonnées au niveau de la route sont coupées en plusieurs endroits et il y a des éboulements avec des roches géantes qui ont abîmé aussi les bandes, etc. A cela s’ajoutent 3 églises, 2 écoles et la clôture de l’antenne de la Digicel.

Entre-temps, la population consomme de l’eau non potable, les sources d’eau étant elles aussi affectées. Vu que les répliques sont nombreuses, dont certaines assez fortes, les paysans suivent les consignes. Ils passent la nuit hors de la maison et surtout en petites communautés par localité : sorte de camp improvisé où règne une ambiance de vivre-ensemble animée par des chansons, des prières, des souffrances, des plaintes, des désespoirs, des inquiétudes... Ils se couchent à la belle étoile, victimes à la fois de la rosée et de la rigueur du froid de la montagne en pareille saison. Il n’y a pas de tentes et de couvertures chaudes. Pour atténuer la situation et se protéger, ils utilisent des draps que le vent parfois défie et déchire. Ils se coincent l’un contre l’outre pour partager leur chaleur humaine. En outre, la population est visiblement traumatisée devant ce phénomène inédit que même les plus âgés disent n’avoir jamais vu. Différents signes par exemple de crise de folie, de migraine, de comportement anormal s’accentuent en particulier chez les jeunes.

En attendant les données sur les maisons des paysans et d’autres pertes matérielles enregistrées pour compléter ce rapport, les dégâts susmentionnés au niveau de Vallue sont évalués à 1,5 millions de dollars américains. Grâce aux premières observations faites, il est possible d’identifier quelques besoins prioritaires (lire le document en pièce jointe)

Les jeunes et les structures communautaires de l’APV au niveau de la région goâvienne seront mobilisés pour collecter des données non seulement pour dénombrer les familles et mieux cerner l’ampleur des dégâts dans leurs différentes dimensions et les moindres détails, mais aussi et surtout pour mieux concevoir les interventions de reconstruction à court, à moyen et à long terme.

Cette catastrophe dévastatrice du 12 janvier 2010 nous aura appris concrètement au moins une chose : le niveau de fragilité extrême de notre pays, conséquence directe en général de nos choix en tant que peuple ou société et en particulier de l’irresponsabilité de nos dirigeants à travers le temps. Il devient aujourd’hui plus que jamais clair que le développement d’Haïti doit être repensé, non seulement dans une perspective de décentralisation qui donne aux régions les moyens de se prendre en charge, mais aussi dans une approche d’inclusion sociale et de justice distributive qui permet à l’individu de jouir pleinement de sa citoyenneté, et surtout dans un cadre normé relatif à toutes nos sphères d’action d’ordre social, culturel, économique, politique, environnemental, infrastructurel et autres, avec toute la volonté politique et tous les mécanismes nécessaires pour faire respecter à tous moments ces normes.

N.B. Pour plus de détails, lire le document en pièce jointe.

PDF - 516.5 ko

A suivre…

Direction de l’APV

Vallue, 30 janvier 2010

Personne de contact :

Abner Septembre, Coordonnateur Exécutif

(509) 3420-2091 / 3432-6443 / 2941-2091 /

absept60@yahoo.fr / apvallue@gmail.com / www.vallue.org

Pour tout appui financier, prière de faire le virement sur le compte de l’Association des Paysans de Vallue :

BANK OF AMERICA Miami, Florida

BIC CODE : BOFAUS3N

ABA  : 026009593

Account : 1901 8 92336

In the name of : UNIBANK S.A.

Favor of : Association des Paysans de Vallue (APV)

Account Number : 130-1012-308565

Or

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ABA : 021000018

Account : 8900570881

In the name of : UNIBANK S.A.

Favor of : Association des Paysans de Vallue (APV)

Account Number : 130-1012-308565

Direction de l’APV

Personne de contact : Abner Septembre, Coordonnateur Exécutif

(509) 3420-2091 / 3432-6443 / 2941-2091 /

absept60@yahoo.fr / apvallue@gmail.com / www.vallue.org

Apv []


GROUPE DE REFLEXION ENTRE ACTEURS DU MONDE RURAL

FANM DEVWE VALI / FEMMES DEVOUEES DE VALLUE (FDV)

PARTENARIAT AVEC L’ASSOCIATION DES PAYSANS DE VALLUE (APV)

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Coordonnées
Vallue, 12e section Petit-Goâve, Haïti.
20, Delmas 65, Delmas, Haiti
Tél : (509) 2249-2302, 3420-2091, 3752-6169, E-mail :
apv@vallue.org